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Homélie 8 octobre 2005

28° DIMANCHE - ANNEE A - Samedi 8 octobre 2005 à Raedersheim.

 

Comme pour toute parabole, il n’y a, ici, pas de vraisemblance réelle à chercher - Jésus n’explique pas, il présente : ‘’ le Royaume de Dieu est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils ‘’ Cette image des noces, elle court à travers toute la Bible, dans les écrits d’Osée, de Jérémie, d’Ezéchiel, dans des psaumes, dans l’Evangile - les relations que Dieu veut établir et qu’il propose aux hommes, c'est sous le signe de l’Alliance, des épousailles ; Jésus, son Fils bien-aimé, épouse l’humanité et ça, ça se fête....

Oui, avant d'être des vérités à croire et des choses à faire, notre croire en Dieu est une alliance, une histoire d’amour à vivre - d’ailleurs, c’est l’une des affirmations du Concile Vatican II - en effet les évêque rassemblés y avaient reformulé la notion de révélation divine en rappelant que toute vie chrétienne est d’abord une écoute de la Parole de Dieu et que Dieu parle, non par des vérités à croire en toute soumission aux responsables de l’Eglise, mais en s’adressant à l’humanité par des paroles et des gestes, par une vraie rencontre dont la plus forte se fait en Jésus-Christ - c’est par son attitude que le message de la parabole devient clair : l’invitation, l’appel de Dieu est permanent, il invite à temps et à contre temps ; il invite, il fait inviter tout le monde, mais tous ne répondent pas oui, tous ne viennent pas - il relance son invitation, en plus large encore - tous ceux que les serviteurs rencontrent, les bons comme les mauvais - tous sont invités à entrer et à remplir la salle des noces.

Comment ? pourrait-t-on dire - comment ? tous ont pu entrer sans distinction ! c’est à vous décourager de mener une vie droite et vraie, si ceux qui n’ont pas rien fait dans ce sens peuvent aussi entrer ? il y a un petit détail qui nous alerte : Dieu n’est pas le papa gâteau qui accepte tout et son contraire : le roi entra pour voir les convives et il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noces, dans la symbolique juive comme dans la symbolique chrétienne il y a le vêtement de noces, le vêtement signe de l’Alliance - le vêtement blanc, c’est le signe de la grâce du baptême, de la fidélité.

Nous, nous sommes toujours dans le temps de l’appel, de la proposition : Allez donc aux croisées des chemins, tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les, tous. il n’y pas de tri préalable à faire, surtout pas par nous, car Dieu part du point de vue que chacun peut évoluer, changer, se convertir : c’est-à-dire, se tourner vers Dieu et vers ses semblables... accueillir l’amour de Dieu, accueillir la grâce du baptême, en vivre au quotidien -

la finale de la parabole est toujours un appel à réfléchir, à faire ‘’ retour ‘’ sur notre vie - par notre baptême, nous sommes comme revêtu de Jésus-Christ, du vêtement de noces... mais nous pouvons l’abîmer, le salir, le déchirer, le perdre - le salut, Dieu le donne gratuitement, nous ne le gagnons pas par nos actes, nos mérites -

tout le monde est appelé à ce salut, sans distinction, les bons comme les mauvais, sans préalable, mais on est dans une histoire d’amour - si on sait, si on sent qu’on est aimé, est-ce que ça nous laisse indifférent ? on se prépare pour le rendez-vous, on vit autrement - on se transforme en répondant à l’amour - enfin normalement - l’amour de Dieu, reconnu, accueilli, ne laisse pas indifférent, ne laisse pas intact - cela nous appelle à un changement, à un renouvellement permanent .

Nous, chrétiens, nous sommes à la fois, comme ces serviteurs qui invitent et comme ces gens qui sont invités - nous sommes serviteurs, par notre façon d’être chrétiens : nous sommes appelés à être une vivante, et permanente, invitation qui dit : ‘’Venez, Dieu vous attend ‘’

Oui, Dieu espère, Dieu désire que chaque être humain accueille son amour et en vive - Nous sommes aussi à l’image des invités : ce n’est pas parce que nous avons été un jour baptisés, ce n’est pas parce que nous sommes chrétiens que nous sommes arrivés au but -

Cette parabole résonne, pour nous, comme un appel à rester vigilant sur nous-mêmes, tenez, pensons à l’invitation : ‘’ Heureux les invités au repas du Seigneur ‘’ où nous reconnaissons : ‘’Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais dit seulement une parole et je serai guéri’’ Avant le Concile, cette parole, était dite en latin et elle pouvait passer sur nous, sans nous toucher vraiment - la réforme liturgique qui s’est faite dans la foulée de Vatican II a instauré la messe dans la langue des gens, pour nous en français, et nous sommes ainsi plus conscient de ce que nous prions, chantons et disons :

veillons donc à ne pas nous laisser distraire par une espèce de routine : quand nous demandons au Christ que sa parole nous guérisse , pensons à des choses concrètes : de quoi avons besoin qu’il nous guérisse, qu’il nous libère ?