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Homélie d'octobre 2008

29 DIM ORD A 2008 – Mission universelle de l’Eglise – 18 oct à Ung et 19 oct 2008 à Pulv

«  Selon ‘’le vrai chemin de Dieu’’ est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » - question perverse, car sur la pièce d’argent présentée, il y a la représentation du buste de l’empereur, couronné comme un dieu, avec l’inscription : « Tibère César, fils du divin Auguste » -Si Jésus dit qu’il n’est pas permis de payer l’impôt il est accusé de pousser à la rébellion politique, : s’il dit que c’est permis, il se compromet avec un pouvoir idolâtre, et se met en dehors du judaïsme Jésus déjoue le piège qu’on lui a tendu : sur la monnaie il y a l’effigie, c’est-à-dire l’image de César, et, selon la Bible, l’homme est à l’image, à la ressemblance de Dieu, bien sûr, non pas physiquement, mais en tant que créature capable d’entrer en relation et d’aimer Dieu et son prochain comme soi-même : Donc Jésus leur dit : « Rendez donc à César ce qui relève de son domaine, mais ne lui donnez pas ce qui, en vous, n’appartient qu’à Dieu : l’amour envers lui et envers les autres ». Il n’oppose donc pas deux domaines, ici le politique et le religieux, mais il met chaque domaine à sa vraie place…

En notre temps, les questions se sont déplacées et il y a bien encore d’autres pièges à déjouer : pour cela nous sommes appelé à exercer notre discernement, et même à avoir une certaine méfiance dans certains cas : envers ceux qui tentent de mettre Dieu dans leur camp lors de campagnes électorales, ou ceux qui l’invoquent pour justifier leurs choix qui peuvent être discutables…

Il y a aussi lieu de se méfier de ceux qui au nom de leur représentation de Dieu voudraient voir restaurer une Eglise de prestige, de faste et de pouvoir…. Bernard Fellay, l’un des quatre évêques ordonnés en son temps par Mgr Lebfèvre est le chef de file le plus connu de ce courant intégriste pur et dur Il y a ceux qui sont tentés d’opposer Dieu à l’homme, l’autorité divine aux autorités humaines : de mettre en opposition les droits de Dieu et les droits de l’Homme - il s’agit de respecter l’un comme l’autre, et de les distinguer afin qu’un saine complémentarité puisse se vivre pour le bien de la société :

Benoît XVI l’a rappelé lors de son récent voyage en France, je le cite : « Il est fondamental d’insister sur la distinction entre le politique et le religieux … et d’autre part de prendre une conscience plus claire de la fonction irremplaçable de la religion sur la formation des consciences et de la contribution que la religion peut apporter, avec d’autres instances, à la création d’un consensus éthique fondamental dans la société » je traduit cette dernière expression un peu compliquée : elle signifie qu’il s’agit d’arriver à un accord accepté par tous qui fonde le vivre ensemble respectueux de tous dans la société –

Là nous sommes en plein dans la mission de l’Eglise, donc des chrétiens, de nous, dans le monde actuel : nous vivons dans une société donnée, bien plus complexe qu’au temps de Jésus et de l’apôtre Paul, et c’est dans ce monde-là que l’Eglise vit sa mission : en 1965, le Concile Vatican II a mis l’accent sur le fait que l’annonce de l’Evangile est un service à rendre aux hommes, ce service c’est de leur faire connaître le Christ et leur permettre ainsi, en découvrant sa Parole et son message, d’être et de devenir plus humain avec leurs semblables et ce, selon, la volonté et le désir même de Dieu,

Dans le même sens, l’Eucharistie que nous célébrons en ce moment, a une portée missionnaire : rassemblés au nom du Christ qui est présent au milieu de nous, nous sommes toujours envoyés dans le monde qui est le nôtre, - lors du congrès eucharistique international qui s’est tenu au Canada au mois de juillet, c’est encore Benoït XVI qui l’a mis en relief en disant au cours de l’une de ses homélies en disant :

« La participation à l’Eucharistie n’éloigne pas de nos contemporains, au contraire - parce qu’elle est l’expression par excellence de l’amour de Dieu, elle nous appelle à nous engager avec tous nos frères pour faire face aux défis présents et pour faire de la planète un lieu où il fait bon vivre. pour cela, il nous faut sans cesse lutter pour que toute personne soit respectée, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, que nos sociétés riches accueillent les plus pauvres et leur redonnent toute leur dignité, que toute personne puisse se nourrir et faire vivre sa famille, que la paix et la justice rayonnent dans tous les continents.

Tels sont quelques défis qui doivent mobiliser tous nos contemporains, et pour lesquels les chrétiens doivent puiser leur force dans le mystère eucharistique »

C’est bien là un envoi en mission que vous entendrez encore, en d’autres termes, dans la prière eucharistique que j’ai choisi pour aujourd’hui… ( la 4 pour grandes assemblées )