Mes Articles à lire

Accueil > mes articles à lire > Passion Evangile > Feuille Evangile pour dimanche 4 novembre 2018

Retour

Feuille Evangile pour dimanche 4 novembre 2018

 

    

 Pour une réflexion individuelle ou en groupe

Vendredi 2 novembre, de 9 à 16 h 30, journée à

La Source Nouvelle Pour connaître le programme

Contact : raymond.henninger@orange.fr  

 

Feuille Evangile internet pour l’Evangile du

31° dimanche du temps ordinaire – Année B  

Dimanche 4 novembre 2018 – Marc, 12, 28b-34 - 

En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Ecoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »  

Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme sois-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »  

Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger. 

Commentaires et clefs de lecture 

Ce récit est situé dans un contexte de discussions et de controverses : relire du chapitre 11, verset 27 au Chapitre 12, verset 27. Les pharisiens et d’autres personnages cherchent à coincer Jésus, à le prendre au piège en le faisant parler. Un scribe vient alors trouver Jésus et lui demande son avis sur une question débattue chez les Juifs : parmi la masse des commandements, - ils en ont recensé jusqu’à 630 - quel est le premier ?+ 

Dans sa réponse, Jésus n’invente rien de nouveau. Il reprend des paroles de la Bible. Ce sont les premières phrases de la prière que le Juif doit réciter matin et soir. Il y a toujours le risque de s’y habituer, de ne plus en voir toute la portée. Ce commandement devient un commandement de plus, ordinaire, alors qu’il devrait éclairer tous les autres et les remettre à leur juste place. 

Jésus réagit contre une mauvaise compréhension de la Loi. Les spécialistes de la Loi ont tellement voulu tout prévoir que les préceptes se sont multipliés avec le risque de s’arrêter à des détails et d’oublier l’essentiel de la ‘’parole’’ de Dieu. 

C’est clair ! Jésus rappelle au scribe que l’essentiel c’est d’aimer et que l’amour de Dieu et l’amour des hommes sont liés, sans séparation possible. Tout ce qui n’est pas animé par cet amour, même des choses importantes comme les sacrifices, n’a pas de valeur. 

Là est le vrai sens de la Loi : apprendre à l’homme à aimer toujours davantage, l’inviter à aller toujours plus loin sur cette route. 

Jésus n’est pas celui qui donne des recettes, mais celui qui renvoie chacun à ses responsabilités. A tous ceux qui désirent aimer, il redit comme au scribe : «  Tu n’est pas loin du royaume de Dieu »  

Dans le récit de Marc, la finale est significative : «  Et personne n’osait plus l’interroger » ce qui veut dire que le temps des controverses est révolu. 

Et aujourd’hui ?  

«  Aimer Dieu et aimer son prochain comme sois-même » C’est ‘’fort’’, c’est une très belle parole, et on peut dire que ce n’est pas évident de la pratiquer !  

A propos du mot « Commandement » : nous n’aimons pas être commandé et exécuter un commandement ! En fait, c’est une «  parole de vie » ( ou des paroles ) pour vivre ensemble en croyants . J’ai lu un jour dans un livre, dont je n’ai pas noté le titre, que le terme «  commandement » a le sens de «  les rendez-vous que Dieu fixe à son fidèle »  

« Aimer », c’est comme «  Croire » ; avant d’être mis en paroles, « cela se donne à voir » par des attitudes, des comportements, des façons de faire et d’être envers nos prochains. Les champs du «  faire et d’être » sont nombreux : «  regard sur l’autre, proximité, accueil, dialogue, proposition de réflexion, relation fraternelle…. » Cela vaut pour l’aspect individuel, interpersonnel ; et en même temps il y a l’aspect collectif dans l’Église, la paroisse, le mouvement chrétien etc … comme dans une association, dans la société ; et là cela devient : «  aimer, c’est lutter », lutter contre les discriminations, les injustices, les abus de pouvoir etc – dans l’Église, l’abus de pouvoir s’appelle «  le cléricalisme » -  

Comme réflexion individuelle ou en groupe : « Comment est-ce que j’aime ? Est-ce que mes façons d’être et de faire donnent à voir mon amour envers Dieu, envers mon prochain et envers moi-même ?

 

       Une réflexion à partir de l’Evangile du dimanche 4 novembre 2018

                                       – Marc 12, 28b-34 - 

« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu » Jésus qui conclut ainsi l’échange avec ce scribe, reconnaît, authentifie la parole et dans le même mouvement la pratique de ce dernier. Ce qui nous manque dans ce récit, c’est le réel, le concret, les paroles et les actes par lesquels ce scribe met en pratique ce qu’il exprime. 

Ce manque, cette absence de détails, est sûrement délibéré de la part de Marc, l’auteur de cet Evangile. car si par sa réponse, Jésus a frayé un chemin clair dans le dédale des multiples préceptes et commandements en vigueur en son temps – quelques 630 - dans l’Eglise du temps de Marc, il ne paraît ni opportun, ni urgent, de se lancer dans la rédaction de tout un ensemble de manières de mettre en pratique ce que Jésus a dit et enseigné. Ce sont donc les chrétiens qui sont invités à vérifier s’ils sont ou non sur le chemin proposé par le Christ.  

Cette page d’Evangile nous présente la vraie consistance de toute loi religieuse : apprendre aux humains à aimer et les inviter à continuer de progresser sur le chemin de l’amour, pas tant par des recettes à appliquer, mais par une réflexion, par une vérification permanente à faire à partir du réel : comportements, attitudes, actes, paroles et écrits.  

C’est à faire par l’Eglise toute entière, par tous ceux et celles qui y ont une responsabilité, par ceux qui sont au Vatican, par ceux qui conduisent l’Eglise de chaque pays, de chaque diocèse, de chaque paroisse, et par chaque baptisé, qu’il soit ordonné ou non, car chacun, là où il est, a une responsabilité, celle d’être signe du Christ. 

La première chose à faire c’est de se laisser atteindre, par le Christ, au cœur de sa vie : ses commandements ne sont pas un savoir, mais d’abord une écoute : le commandement que nous disons et désirons pratiquer ne sera jamais notre parole à nous, il restera toujours une ‘’parole’’ * de Dieu qui retentit au plus profond de notre être. - * une parole reconnue inspirée par l’Esprit-Saint - 

La grande question de fond c’est: « Est-ce que la parole du Christ, parole que j’écoute, que je reçois, que je proclame, imprègne ma vie, influence et oriente mes décisions, mes choix et engagements, mes paroles, mes comportements et mes actes ? »  

Porter ainsi personnellement un regard réaliste et lucide sur soi-même est une tâche, une exigence permanente, un chemin de conversion ; cela gagne à être pratiqué, en réciprocité et en toute fraternité, dans une relation de confiance avec quelqu’un, ou mieux encore dans une équipe de relecture de vie.  

Nous avons bien conscience que nous ne sommes pas des modèles de perfection ; des faiblesses, des contradictions, nous habitent comme tout un chacun, nous vivons avec des tensions en nous-mêmes, avec tout ce qui nous traverse et nous habite. 

«  Ecoute, tu aimeras le Seigneur ton Dieu et tu aimeras ton prochain comme toi même... écoute, il n’y a pas de commandements plus grands que ceux-là... » exposons, en toute simplicité, notre vie à cette parole du Christ ; laissons-le nous interroger, nous déranger, nous relancer en n’oubliant pas sa conclusion : «  tu n’es pas loin du royaume de Dieu » autrement dit : «  tu es sur le chemin que Dieu te propose et je t’y accompagne »