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Une réflexion pour dimanche 21 juin 2020

   

Une réflexion à partir de l'Evangile du dimanche 21 juin 2020 – Matthieu 10, 26-33 - 

Ce passage d’Evangile est marqué par le contexte historique : Matthieu s’adresse aux chrétiens de Syrie qui sont dans une situation assez délicate : isolés au sein du judaïsme, ils ont peur de devenir des exclus dans la société où ils ont toujours vécu, ils peuvent donc aisément s’identifier aux apôtres envoyés en mission par Jésus avec la prédiction de difficultés et de persécutions. 

Mais il faut tenir bon pour proclamer au grand jour ce que Jésus a révélé, sans craindre « ceux qui tuent le corps mais ne peuvent tuer l’âme », l’âme étant ‘’l’intelligence humaine éclairée par l’Esprit de Dieu’’ - l’âme étant ce qui constitue en l’homme la capacité de penser, de réfléchir, d’entrer en relation avec Dieu et donc de favoriser la vraie vie qui naît d’un échange d’amour entre l’Homme et Celui qui est son origine et sa finalité. 

Cette page d’Evangile, avec ses affirmations et les images employées, est un encouragement, un appel à la persévérance : il nous permet de nous dire, de nous redire : comme tous les hommes, je suis aimé par Dieu, je vaut plus que tout à ses yeux - 

Parce qu’il l’aime, chaque être humain a de la valeur pour lui - Croire cela, c’est fort et faible à la fois - c’est réconfortant et en même temps dérisoire quand on le met en relation avec ce qu’on voit et sait de notre monde : tant de vies sont détruites dans des conflits sans fin, par des famines, par des épidémies et ces temps-ci au cours de la pandémie du coronavirus - tant de vies sont abîmées par la malnutrition, la misère, les mauvaises conditions de vie, de logement, de travail... tant de vie aussi sont atteintes et dégradées quand la rentabilité des capitaux passe avant la dignité et le respect de ceux et celles qui produisent les biens de consommations et les richesses des pays ?

Devant ces faits, ne regardons pas d’abord du côté de Dieu pour lui demander des comptes : c’est les hommes, organisés en sociétés qui ont mis en place et qui entretiennent des systèmes politiques, économiques, sociaux qui, par certains côtés, sont des machines qui blessent, broient, écrasent et excluent d’autres hommes ; croire en Jésus-Christ ne nous dispense pas de faire des analyses de la société, du monde, et des fonctionnements qui y sont à l’œuvre ; pour cela il y a à être attentifs à ce que des sociologues en disent et écrivent, car la foi et l’Evangile ne sont pas des instruments, des moyens pour le faire.

Comme les apôtres, chacun de nous est appelé aujourd’hui à être ’’ celui qui se prononce pour Jésus-Christ devant les hommes’’ , c’est-à-dire celui qui, par ses prises de position, par ses actes, ses paroles suit le chemin ouvert par le Christ. 

Nous sommes appelés, par Lui, à prendre le parti des forces de vie contre les forces de mort aussi bien dans les débats de société que dans les petites choses de la vie quotidienne  - faire entendre notre voix devant des paroles, des comportements et des actes qui portent atteinte à la dignité de l’Homme - lutter contre l’exclusion, les injustices, celles que nous pouvons voir autour de nous comme celles qui maintiennent une grande partie de l’humanité sous le seuil de pauvreté - s’opposer à ce qui étouffe l’homme au lieu de le libérer - autant de façon - et il y en a encore bien d’autres de nous prononcer pour Jésus-Christ et d’être ainsi des vivants unis à lui.

Pensons particulièrement à tout les dévouements et à toutes les solidarités qui ont été mis en œuvre durant ces 3 mois de confinement.