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Feuille Evangile pour dimanche 10 mars 2019

 

  Pour une réflexion individuelle ou en groupe constitué : équipe de mouvement, équipe litugique ou autre.... 

Rencontre '' Puiser à la source de la parole ''vendredi 8 mars 2019, 14h30, à La Source Nouvelle, Hartmannswiller 

Rencontre ''HALTE-EVANGILE'' ce vendredi 8 mars 2019, 20 heures au presbytère d'Ungersheim   

Feuille Evangile internet Pour dimanche 10 mars 2019 1er dimanche de carême – C - Luc 4, 1-13 

En ce temps-là, après son baptême, Jésus, rempli d'Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain; dans l'Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l’épreuve par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.  

Le diable lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. » Jésus répondit: « Il est écrit: ‘’ l'homme ne vit pas seulement de pain. » Alors le diable l’emmena plus haut, et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela » Jésus lui répondit : « Il est écrit: C'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte » 

Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, d'ici, jette-toi en bas; car il est écrit : Il donnera pour toi, à ses anges l’ordre de te garder; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre” Jésus lui fit cette réponse: « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » 

Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentation, le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.  

Commentaires et clefs de lecture Lors de son baptême, Jésus a reçu l’Esprit et, éclairé par-celui-ci, a pris conscience qu’il est le ‘’Fils bien-aimé’’ qu’il faut écouter. Le récit des tentations est une ‘’reconstruction’’ de l’évangéliste le nombre 40 est symbolique : 40 jours de déluge, les 40 jours où Moïse était auprès de Dieu sur le Sinaï pour recevoir la Loi, les 40 années de l’Exode à travers le désert.. etc.  

Luc fait un parallèle entre Moïse et Jésus, c’est pendant ces 40 jours que va s’affirmer la nouvelle Loi, celle du Royaume qu’inaugure Jésus Les trois tentations ont été celle du peuple hébreux lors de l’Exode et il y ont succombé : Jésus, lui, en sort victorieux, - Luc ne lui fait dire que des citations du Livre du Deutéronome Ces trois tentations lui ont aussi été adressées par les juifs : être un messie terrestre, triomphant, faisant des signes pour séduire les hommes, appelant Dieu à la rescousse pour les convaincre. Les disciples de Jésus furent témoins de sa fidélité permanente à Dieu, à la mission qu’il en avait reçu. Au lecteur de Luc de comprendre que Jésus a eu à choisir un style de mission, une manière de l’accomplir, une manière d’être, et qu’il ne lui fut pas aisé de tenir ce cap. Le moment fixé ? C’est quand il est en croix, Luc y a placé trois autres tentations adressées par des témoins. 

Et aujourd’hui ?  

Si ce passage d’Evangile ‘’ouvre’’ les dimanches de Carême, ce n’est pas par hasard : 40 jours, 40, le symbole du ''très longtemps'', de la totalité,  

Nos 40 jours sont donc comme le symbole de toute notre existence. 

Le temps du carême nous est donné pour faire le point : vérifier nos motivations de vie : le sens que nous lui donnons.. relire notre manière d’être, nos façons de faire..;etc... 

Nos tentations ? : 

Miser, trop, selon les moments et les circonstances sur l’avoir, ( y compris nos connaissances, notre formation, notre expérience ) sur le bien-être matériel ? En ‘’oubliant'', ou en négligeant, la réflexion, la méditation, au sujet du sens de la vie, à propos de la façon d'exercer nos responsabilités sociétales ou ecclésiales. 

Aspirer à avoir du pouvoir sur les autres : au sein de notre famille, dans le milieu professionnel, dans la paroisse, dans le groupe de chrétiens dont nous sommes membres... 

Mettre Dieu à l’épreuve, même par certaines formes de prière : demander à Dieu de faire ceci ou cela, alors que c'est de notre ressort…..etc….Dans notre vie, plusieurs tentations qu'on peut résumer : un certain ''culte'' de soi, vouloir être le personnage ''central'' de notre vie de baptisé, alors que ce doit être le Christ, l'Esprit-Saint...se mettre ''devant'' l'Esprit-Saint et le mettre ''derrière'' nous...

Une réflexion à partir de l'Evangile du dimanche 10 mars 2019– Luc 4, 1-13

Cette page d’Evangile nous présente Jésus, qui, tout de suite après son baptême, est conduit par l’Esprit à travers le désert où pendant quarante jour il fut mis à l’épreuve par le diable, c’est un récit symbolique : il fait allusion au peuple des hébreux qui a traversé le désert, pendant quarante ans - 40 : un chiffre pour dire : très longtemps – le peuple, durant sa marche, fut tenté bien des fois de se détourner de Dieu qui, par Moïse, l’a libéré de la servitude en Egypte. 

Ce à quoi est affronté Jésus nous concerne car, comme lui, c’est ces épreuves-là qu’il nous faut vaincre en premier, car elles sont intérieures à nous-mêmes : le désir de puissance, le désir de dominer et de posséder, la tentation de mettre Dieu à notre service

Le récit de Luc ne décrit pas une expérience spirituelle sans implications réelles dans la vie : les récits évangéliques ont conservé de multiples traces de ce qu’on a demandé à Jésus : être un messie-roi à la manière de David, rétablir la royauté en Israël, accomplir des signes pour justifier son autorité spirituelle et surtout sa pratique qui se démarque de celle de bon nombre de scribes, de pharisiens et de membres du sanhédrin.

Luc nous montre que Jésus est déjà victorieux là où le peuple hébreux a échoué lors de sa traversée du désert : devant la faim de l’homme qui ne vit pas seulement de pain, il se donnera lui-même en nourriture, il mettra sa confiance en Dieu son Père jusqu'à accepter la mort infamante - Il ne le mettra pas à l’épreuve pour savoir, si oui ou non, il est avec lui ; au moment de son arrestation il ne réclamera pas le secours de légions d’anges... 

Luc a précisé que Jésus est ‘’rempli d’Esprit-Saint’’ et montre que la Parole de Dieu est sa seule force pour sortir victorieux des épreuves : 

Luc nous présente donc ce qui est intérieur à tout être humain et nous laisse entrevoir qu’en chaque argument employé par le diable se cache un piège - de plus, piège suprême, le troisième argument s’appuie même sur la Parole de Dieu qui est ici détournée de son vrai sens. 

Ce qui est ainsi présenté est bien actuel et nous concerne : faire appel à Dieu pour régler nos problèmes humains. Dieu serait utile pour répondre à toutes nos questions, à nos problèmes, aux défis de la vie en société, en Eglise, pour pallier nos manques, pour combler nos failles ; ne demandons pas à Dieu, à Jésus-Christ de nous remplacer dans la conduite de notre vie ou de la gestion de la société : par contre il nous propose sa Parole, sa Lumière, son Esprit pour le faire en vue du bien commun et des personnes concernées. 

Le désir du pouvoir, le pouvoir sur les autres : celui-ci peut prendre de multiples visages : il peut être conscient ou inconscient, mais non moins réel : pouvoir du mari sur sa femme, de la femme sur son mari, des parents sur leurs enfants, des enfants sur leurs parents, du curé sur les paroissiens, des paroissiens sur le curé, du maire sur les citoyens et inversement , du chef sur les employés, du prof sur ses élèves, des élèves sur leur prof, etc...

Il peut y avoir, en nous, de tels désirs de pouvoir, de telles tentatives de mettre la main sur l’autre, si les intéressés ne mettent pas en œuvre leurs capacités d’écoute, d’explications, de dialogue, de réflexion pour définir ensemble ce qui est souhaitable et décider ce qu’il y a lieu de faire et de vivre pour le bien de chacun dans le couple, la famille, la paroisse, la commune, le collège, au lieu de travail La dernière épreuve, c’est la plus sournoise car elle paraît être pour la bonne cause : Jésus aurait pu ainsi révéler qu’il est bien le Fils de Dieu sans contestation possible - « tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu » a été sa réponse - pensons aux demandes ( prières ) que nous faisons à Dieu ; sont-elles toujours dénuées de toute mise à l’épreuve de notre part envers lui ? 

A la fin de cet Evangile, il y a cette parole un peu mystérieuse : ‘’ Ayant épuisé toutes les formes de tentation, le diable s’éloigna de lui jusqu’au moment fixé ‘’ Relisons la fin de l’Evangile selon St Luc pour voir quel est ce moment.

A travers ce récit, nous sommes interrogés sur la place que nous donnons, dans notre vie de baptisé, à l’Esprit-Saint, à la Parole de Dieu, à l’Évangile, non pour y trouver des recettes toutes faites, mais pour nous en laisser imprégner, pour que cette Parole soit comme une lumière pour nos pas, comme la boussole dans la conduite de notre vie et l’exercice de nos responsabilités, en un mot pour vaincre toute tentation qui pourrait nous éloigner de Dieu et de nos semblables