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Une réflexion pour la Semaine Sainte 2020

 

Une réflexion pour la Semaine Sainte 2020 : du dimanche des Rameaux à Pâques

Notre tentation, quand nous lisons ou entendons une page d’évangile, c'est de vouloir savoir à travers elle un compte rendu exact des faits, paroles et dialogues : qui a fait ou dit quoi, comment, pourquoi, dans quelles circonstances ? 

Aucun texte d’évangile n'apporte de réponse à ce genre de questions, mais nous révèle que l’homme Jésus de Nazareth est le Messie annoncé, attendu, celui qui a reçu l'onction : le Christ, le Fils de Dieu. 

L’Evangile des Rameaux fait référence à des textes de l’Ancien Testament qui décrivent l’entrée triomphale du Messie dans la Ville Sainte : Jérusalem.  

Le Messie apportera à son peuple le salut – la libération – la justice et la paix, accomplissant ainsi la promesse de Dieu annoncée par les prophètes. 

Tout en reprenant le contenu de la promesse, l’Evangile se situe en décalage avec elle. Le Messie, Jésus, n’entrera pas de manière triomphale comme un roi d'antan, mais de façon humble, sur un âne, la monture des gens du peuple, et en ayant une attitude pacifique.

C’est pour faire comprendre à leurs lecteurs que Jésus porte en lui, en une seule personne, ce qui relève de l’homme et ce qui relève de Dieu, que les quatre évangélistes ont mis, entre autre, par écrit le récit de l’entrée triomphale à Jérusalem.

Le dimanche des Rameaux est le début de la Semaine Sainte, début de ce temps où les chrétiens font mémoire que Jésus est passé par la mort pour révéler sa dimension divine et montrer aux croyants qu’un lien est définitivement établi entre Dieu et l’homme : une Alliance Nouvelle et Eternelle ( cf les paroles de la consécration ) 

Cette semaine est un temps de mémoire et d’action de grâce. De mémoire, car à travers les différentes célébrations, les croyants se souviennent de l’itinéraire de Jésus, des événements qui l’ont conduit jusqu’à la croix, jusqu’à la mort, mais également par-delà la mort dans le monde de Dieu par la Résurrection 

Le soir du Jeudi Saint, les chrétiens en célébrant de manière festive l’Eucharistie, le partage du Pain et du Vin, - l'Evangile, avec le lavement des pieds, mettant l'accent sur l'esprit de service mutuel - font mémoire du fait que Jésus le Ressuscité est toujours présent au milieu des croyants. Se souvenir de sa présence est un moment de fête et de joie, ( action de grâce ) c’est l’affirmation que, quoi qu’il arrive, jamais il ne nous abandonnera. En l’absence du pain de la vie, nous pouvons communier au pain de la bienveillance, de la compassion,, de la solidarité avec nos semblables.. et c’est une communion qui est liée, toute l’année, à la communion eucharistique.

Le Vendredi Saint, nous nous rappelons que Jésus nous a accompagné aussi loin que possible, jusque dans la mort, jusque dans la honte, jusqu’au rejet. Mourir sur une croix était une mort honteuse et l’on était crucifié hors de la ville, c’est-à-dire hors de la société. Regardons le crucifix comme l’un des signes du Christ Vivant attirant à lui tous les hommes, il nous donne de nous remettre devant l’action du Christ qui nous précède dans le coeur de tout un chacun.

Samedi soir, la Veillée Pascale nous entraîne dans la dynamique du passage. Jésus est passé par la mort, il l’a traversé, il l’a vaincue, pour rejoindre Dieu et y attirer, entraîner ses frères et sœurs humains. 

Lors de la Veillée Pascale et du jour de Pâques, nous fêterons la Résurrection de Jésus, la vie nouvelle et éternelle donnée par Dieu. On pense bien sûr à la vie après la mort, mais il ne s’agit pas seulement de cela. La résurrection commence chaque jour, chaque fois que nous nous relevons d’un échec, ou guérissons d'une souffrance, de quelque chose qui nous a blessé ou qui a risqué de détruire notre vitalité et que nous sommes réceptifs à des forces de vie qui nous remettent debout et en marche avec nos frères et sœurs en humanité.

Durant cette semaine, nous rendons grâce pour tout cela.. Rendre grâce, car le parcours ( de Jésus ) a été fait une fois pour toute – la liturgie de la Semaine Sainte n'étant pas une reconstitution historique - et cela nous dit l’importance que toute personne humaine a aux yeux de Dieu. C’est à travers l’itinéraire particulier de celui qui fut à la fois Homme et Dieu que nous pouvons entrer dans sa proximité.

Ainsi, par Jésus, reconnu Christ, - celui qui a reçu l'onction - chacun de nous devient l’enfant adoptif d’un Dieu qui est comme un Père pour tout être humain. Proche comme un père peut l’être pour ses enfants, même quand ceux-ci sont devenus grands et s'éloignent parfois de lui.

Durant la Semaine Sainte, nous célébrons le mystère * de la relation entre Dieu et les êtres humains, entre Dieu et chacun d'entre nous, une relation qui est comme celle qu’un père aimant entretient avec chacun de ses enfants. 

* Le mystère : une réalité que nous n’aurons jamais finit de comprendre en totalité.