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Une réflexion à partir de l'Evangile du 19 juillet 2020

 

PAS DE HALTE EVANGILE EN MAI ET EN JUIN, REPRISE EN SEPTEMBRE 

Une réflexion à partir de l’Evangile du dimanche 19 juillet 2020 – Matthieu 13, 24-43

Dans cette page d’Evangile : 3 paraboles, la dernière : ‘’le levain dans la pâte’’ exprime l’assurance qu’un peu de levain, donc le Royaume des cieux, finira par faire lever la pâte, c’est-à-dire : par transformer le monde : puis il y a celle de la graine de moutarde : même si à nos yeux la semence du Royaume des cieux paraît très petite, elle finira par produire des effets visibles : pour cela il faut laisser du temps au temps… 

C’est la première parabole qui est la plus développée et dont Jésus, à l’écart de la foule, donne l’explication aux disciples : aujourd’hui, c’est à nous d’interpréter cette parabole en pensant à ce qui se passe dans le monde et autour de nous, à ce que sont les hommes et les femmes que nous connaissons, et à ce que nous, nous sommes….

L’homme qui sème du bon grain, c’est le Christ : le champ, c’est le monde ….. et voici que le bon grain ayant germé, la tige poussa et produisit l’épi avec du grain… mais autre chose poussa aussi : l’ivraie.. ça nous fait penser à la mauvaise herbe - en fait le mot exact c’est la ‘’zizanie’’ – d’où l’expression : ‘’semer la zizanie’’ – la zizanie est une plante, une sorte de riz sauvage qui s’infiltre partout…. 

Le bon grain : c’est ceux qui vivent en fidélité au Christ : l’ivraie : ceux qui ne vivent pas en fidélité au Christ : au premier abord, le sens de la parabole paraît simple : le bon grain sera engrangé, l’ivraie brûlée, mais seulement lors de la moisson, à la fin des temps. Il s’agit du temps qui s’écoule, dans nos vies, jusqu’à la fin du monde…

De cette parabole découle un triple appel : appel  à la patience , à la tolérance et au discernement.

La patience : d’après la parabole, dans le même champ, on voit pousser des tiges différentes : certaines viennent du bon grain semé par le Christ en vue du Royaume, d’autres venant du semeur de zizanie et les serviteurs veulent les éliminer tout de suite mais le maître les appelle à la patience, car Dieu est patience… 

Et quand on sait que les grains de blé de la parabole c’est les êtres humains, la patience appelle à la tolérance… 

La tolérance : être tolérant, ce n’est pas tout accepter, ou accepter n’importe quoi ; c’est savoir attendre : savoir voir le cheminement, l’évolution de ceux et celles que nous côtoyons, que nous connaissons.. comme nous, ils ne sont pas arrivés au terme de leur devenir, nous sommes donc appelés à accepter de vivre au milieu de gens inachevés, ce que nous sommes aussi... 

une évidence : nous sommes des êtres partagés, personne ne peut se vanter d’être entièrement bon, personne non plus ne peut être vu comme entièrement et définitivement mauvais…. 

la frontière entre le bon et le mauvais passe dans notre vie, nous sommes tous capables du meilleur comme du pire ! – en nous, comme dans le monde, le bon, le moins bon et le mauvais coexistent ! 

Bien sûr, le mal doit être supprimé, et un jugement doit faire le tri entre les justes et les semeurs de zizanie, mais ce jugement revient à Dieu seul qui lui connaît vraiment le tout de la vie des gens.

Nous sommes donc appelés, non pas à exercer un jugement, mais un patient et constant discernement : dans le champ du monde, dans le champ de la vie des personnes que nous connaissons, rien n’est figé ou bloqué une fois pour toute ; c’est out aussi vrai pour nous...

Pensons d’abord à notre propre cheminement, aux étapes déterminantes que nous avons vécu, à la patience à notre égard de telle ou telle personne, au temps qu’il a fallut pour que nous soyons ce que nous sommes aujourd’hui…en ayant conscience que notre cheminement continue…. 

Dans le champ du monde et autour de nous, nous voyons beaucoup de mauvaises choses qu’il serait vain d’ignorer, mais est-ce que notre regard n’est pas trop souvent superficiel ? et nos réactions trop rapides et sans nuances ?… 

Nous sommes appelés à aller au-delà des apparences, c’est-à-dire à discerner : à voir et à apprécier à leur juste valeur ce qui se cherche, se vit et se fait de vrai et de bénéfique par des personnes que nous connaissons – ce discernement est aussi à exercer en ce qui concerne le monde, notre société, la commune où nous habitons, ainsi que l’Eglise dont nous sommes les membres, nous sommes dans le temps de la germination et de la croissance, le temps de la moisson finale n’est pas encore venu !