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Une réflexion à partir de l'Evangile du 28 juin 2020

Une réflexion à partir de l'Evangile du dimanche 28 juin 2020– Matthieu 10, 37-42

Cette page de l’Evangile ( en lisant d’abord les trois versets qui précèdent : 34, 35 et 36 ) c’est la finale du discours apostolique ; l'évangéliste qui s'adresse aux membres de l’Église primitive et tout particulièrement à ceux d'entre eux qui ont une responsabilité pastorale a mis en forme des paroles de Jésus pour leur dire dans quel esprit ils ont à l'exercer. Que se soit celui du temps de Jésus ou du temps de Matthieu, le contexte colore ces exhortations.

A quoi ces paroles nous appellent-elles en 2020 ? 

Aimer père, mère, enfants, c’est important pour nous, c’est même essentiel pour la cohésion familiale et aimer plus largement, aimer fraternellement, c’est aussi essentiel, et voilà que Jésus semble dire le contraire, remarquons qu’il ne dit pas qu’il ne faut pas aimer père, mère, enfants - il y a juste le «  plus que moi » qu’il y ajoute, on peut le traduire ainsi : « celui qui au nom de ses amours humains, de ses solidarités familiales, se donne des raisons pour ne pas me suivre, celui-là n’est pas digne de moi » 

Il ne s’agit donc pas de ne pas aimer ou de moins aimer les autres, mais plutôt de ne pas en faire un obstacle sur notre chemin de baptisé à la suite du Christ.

Jésus ne se met pas en concurrence avec nos amours et nos affections humains, il ne nous demande pas d’y renoncer, mais de les vivre dans l’amour qui nous relie à lui.

Il y a encore cet autre passage qui nous paraît dur à entendre et à vivre : l’appel à prendre sa croix et à le suivre, à perdre sa vie pour la trouver.

Dans ce propos, il y a l’énoncé d’une loi fondamentale de la vie humaine : « l’être humain qui n’est pas capable de se renoncer pour l’autre est incapable d’aimer » - se renoncer, en tant que faire passer en second nos désirs et nos aspirations au bonheur et de chercher en premier ce qui procure du bonheur à l’autre » 

L’expérience humaine nous montre qu’il faut, pour une part, se '' perdre'' soi-même pour s’épanouir dans l’amour de l’autre - aimer jusqu’à se '' perdre'', c’est ce qui fait vivre - se perdre, ne pas se faire le centre de tout, se donner, c’est, paradoxalement, se donner des chances de se re-trouver.

Le passage qui parle d’accueil est simple à comprendre : accueillir, être accueillant, c’est le don le plus fréquent qu’on puisse faire ; la qualité de notre accueil marque toujours celui qui en bénéficie : le verre d’eau, c’est le signe de la relation personnelle la plus élémentaire, c’est le symbole de la plus petite chose qu’on puisse donner pour signifier notre volonté d’accueillir quelqu’un.

Dans la vie de chaque jour, c’est un regard, un sourire, un bonjour, l’échange de quelques nouvelles...c’est toujours simple, mais il faut le faire : aller vers l’autre, dépasser nos préoccupations personnelles pour essayer de nous mettre à l’écoute d’autrui, le comprendre, l'accompagner ''un bout de chemin''. 

Nous l’avons pratiqué, plus ou moins assidûment, durant ces trois mois de confinement, alors ne relâchons pas notre attention aux autres durant le temps qui est devant nous.

Si nous parlons de Dieu, de Jésus-Christ qui accueille, il s'agit, en même temps, de savoir accueillir notre semblable en étant, autant que possible, signe de leur façon d'accueillir, pour ce qui est de la pratique de Jésus nous avons l'Evangile comme référence. 

Que nous soyons laïc, religieuse, religieux, diacre, prêtre, que nous ayons ou non une responsabilité pastorale, nous avons, en premier, à nous reconnaître «  disciple » de Celui qui nous envoie sur tous les chemins humains vers les autres.

Tout passage d'Evangile est à mettre en lien avec l’ensemble ; n’y cherchons pas des recettes ou un mode d’emploi pour réussir à être le parfait baptisé.

C’est en méditant ces paroles, en les laissant imprégner notre vie, qu’on en découvre un sens pour aujourd’hui et qu’on a des chances d'y discerner, en lien avec ce que nous sommes et vivons, les appels que le Christ nous adresse.