Mes Articles à lire

Accueil > mes articles à lire > Passion Evangile > Fête de tous les saints 2020

Retour

Fête de tous les saints 2020

Fête de tous les saints 2020

La Toussaint, la fête de tous les saints, nous invite aujourd’hui à entrer dans la joie. Nous pouvons nous réjouir en nous souvenant de ces hommes et de ces femmes qui ont su laisser agir en eux l’esprit de Dieu créateur et tout puissant en amour. Par eux nous fêtons aujourd’hui la victoire de Dieu et la victoire de l’homme, la victoire de Dieu avec l’homme, de l’homme avec Dieu. La gloire du Père et celle de ses enfants ne font qu’un, le mot gloire signifiant ici rayonnement d’amour.

En fêtant la Toussaint, en faisant mémoire, nous prenons conscience que devant Dieu nous ne sommes pas seuls : nous appartenons à un peuple de croyants, nous sommes reliés à une multitude de témoins, témoins d’autrefois et témoins d’aujourd’hui : La vie de certains nous est connue, d’autres restent inconnus, foule immense, innombrable, anonyme, mais identifiée par « la marque du sang de l’agneau », qui nous dit que la libération et la sainteté sont données par Dieu.

Nous sommes appelés à faire partie de ce peuple immense, peuple de l’Alliance. L’histoire du monde, de notre monde, et nos vies personnelles sont des histoires saintes, car accompagnées par Dieu.

La sainteté se conjugue à tous les temps. C’est ce que nous disent les différentes lectures de ce jour. Si la 1ère lecture ( Apocalypse de saint Jean, 7, 2-4, 9-14 ) nous tourne vers le passé, la 2ème lecture ( première lettre de saint Jean, 3, 1-3 ) nous invite à regarder le présent, puis à regarder vers l’avenir : elle nous dit que la sainteté est déjà là : Dès maintenant nous sommes enfants de Dieu », mais « Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. » Nous avons encore à progresser dans la vie, dans la foi et la découverte de ce qu’est l’homme accompli, qui a atteint sa pleine dimension chrétienne. Nous ne sommes pas encore semblables au Christ, nous sommes en devenir.

Ceux que nous appelons saints ont connu eux aussi cet inachèvement et cette progression dans l’amour. Ils sont proposés à notre mémoire comme des signes qui nous tirent en avant, qui nous disent qu’un dépassement est possible. Entrer dans la communion des saints, c’est écouter, comprendre l’Evangile et le mettre en pratique, à l’exemple du Christ, et de ceux qui l’ont suivi.

L’Evangile d’aujourd’hui nous parle de bonheur, d’être heureux. La sainteté n’est pas associée à tristesse ou austérité. La vie selon l’esprit de l’Evangile n’exclut pas la joie de vivre, n’interdit pas d’être heureux. 

Nous avons parfois peur de laisser transparaître la joie, surtout dans les circonstances actuelles : les attentats et leurs menaces, les guerres, la violence, la précarité, la pauvreté, la misère, la pandémie, tout cela ne nous incite guère à être joyeux, et si nous nous sentons heureux, nous préférons rester discrets. Pourtant l’Evangile non seulement nous autorise à être heureux, mais encore nous appelle à le manifester sans retenue.

L’Evangile ( Matthieu 5, 1-12a ) appelle non à la guerre sainte, mais à la lutte : lutte contre les injustices, contre la vengeance, contre la violence, contre l’endurcissement des cœurs, contre tout ce qui empêche l’homme de vivre selon le souhait de Dieu, c’est-à-dire debout, respecté, pouvant vivre décemment, solidaire de ses frères et soeurs

Les personnes qui agissent pour une vie meilleure, pour le droit au travail, pour faire avancer la paix, la justice et la solidarité ne sont pas des hommes et les femmes tristes. Ce sont des passionnés qui vivent quelque chose de fort, un dépassement, et ils sont heureux même si leur lutte est dure, avec une issue incertaine.

Et nous, à la suite des saints et des saintes que nous fêtons, en communion avec les hommes et les femmes qui se lèvent aujourd’hui pour la paix, la justice, une vie digne pour tous, dans quelle lutte sommes-nous engagés ? quelles sont nos raisons d’être heureux ?