Mes Articles à lire

Accueil > mes articles à lire > Passion Evangile > Une réflexion à partir de l'Evangile du 14 février 2021

Retour

Une réflexion à partir de l'Evangile du 14 février 2021

Une réflexion à partir de l’Evangile du dimanche 14 février 2021 – Marc, 1, 40-45 

Ce lépreux qui est venu trouver Jésus a pris l’initiative de venir à lui, mais il a été précédé par une autre : celle de Jésus lui-même, qui est venu - ‘’sorti’’ ( voir Marc, 1,29-39 ) - de Dieu, pour annoncer la Bonne Nouvelle de sa compassion Cet homme, au nom de sa foi, qui s’exprime par sa démarche et ses paroles, transgresse la loi inscrite dans le Livre du Lévitique, loi qui exclue le lépreux du Temple et du cercle de ses relations à cause de sa maladie contagieuse et parce que cette maladie était aussi vue comme la conséquence du péché : certains rabbins du temps de Jésus allaient même jusqu’à dire que la lèpre punit la calomnie, le meurtre, le faux témoignage, le libertinage, l’orgueil, le vol et l’avarice - ce lépreux est passé ainsi de la loi à la foi.

Jésus a transgressé la même loi en touchant le lépreux, au nom de la foi que ce dernier a exprimé et surtout au nom de la Bonne Nouvelle que lui-même annonce. 

Cette page d’Evangile se termine par : « de partout on venait à lui », on comprend aisément cet afflux, nombreux étaient ceux qui avaient besoin d’être guéris, libérés, et ainsi réintégrés dans la cité. 

Si nous élargissons notre regard à tout ce que fait Jésus, nous constatons que son action ne se limite pas à un aspect de l’homme, elle le concerne dans son entier : son esprit : lieu de réflexion ; son corps : son ‘’être au monde’’, son moyen de communication ; son cœur : lieu de décision. 

C’est l’ensemble qu’il purifie et guéris du péché : non pas d’une liste de péchés - mais DU péché, c’est-à-dire de la fausse orientation de vie , de ce qui est obstacle à une vie selon l’Alliance offerte, proposée, par Dieu

Au temps de Jésus, et avant lui, toute guérison ou libération d’esprits mauvais était vue comme le signe que Dieu est proche de son peuple, qu’il se soucie des hommes. 

Repartons de cela pour notre propre réflexion : aujourd’hui, qu’en est-il ? n’y aurait-il plus de ces signes ? bien sûr que si, mais, gardons les ‘’pieds sur terre’’, Dieu n’intervient pas n’importe comment, pour faire du sensationnel ou pour s’imposer. 

S’il est libre d’intervenir, d’agir, selon des modalités qui nous échappent, il intervient aussi par des médiations, c’est-à-dire il passe par des êtres humains, qu’ils croient ou non en lui, qu’ils soient organisés en groupe ou isolés , il intervient et agit à travers l’Eglise, les Eglises chrétiennes, à travers leurs membres qu’on appelle le peuple de Dieu qui localement en est une portion ( Association de fidèles, mouvement, paroisse, communauté de paroisses … )

Chrétiens, disciples de Jésus-Christ et à sa suite, nous avons cette mission exigeante et passionnante d’être ‘’signes de l’amour de Dieu envers les hommes’’, c’est, pour nous, une question de foi : travailler à faire reculer toute maladie, où y contribuer, s’employer à lutter contre ce qui blesse l’être humain dans sa dignité humaine et d’enfant de Dieu, c’est plus qu’une question de caractère, de générosité ou de bons sentiments ; agir, même modestement, pour faire reculer pauvreté, égoïsme, exclusion, injustice, racisme, c’est, à la suite du Christ, contribuer à purifier l’homme de la lèpre du péché, et les premiers purifiés, c’est nous-mêmes, c’est ceux et celles qui agissent selon l’esprit de l’Evangile. 

S’il est important de prier aux intentions qui prennent en compte le monde et ceux qui l’habitent, ainsi que pour l’Eglise et ses membres, prions particulièrement pour que les chrétiens soient bien des signes, des artisans de la guérison, de la libération que Dieu veut réaliser dans notre monde. 

Prions le Christ pour que sa parole nous touche et nous purifie, que nous puissions toujours ‘’re-partir’’ comme le lépreux de l’Evangile, pour proclamer et répandre la nouvelle, en premier par toute parole, toute initiative, toute action inspirée par l’Esprit-Saint qui nous devance sur les chemins habituels de nos frères et soeurs en humanité.