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Une réflexion à partir de l'Evangile du 29 janvier 2023

C’est une ancienne homélie Cris de révolte que ces paroles du prophète Sophonie que nous venons d’écouter dans la 1ère lecture. ( So 2,3 ; 3, 12-13 ) Aspect commun à nombre de prophètes qui, avant Jésus, menacent les arrogants et les orgueilleux et réconfortent les petits et les hommes de bonne volonté, qui eux, ne risquent rien de la colère de Dieu. « Au jour de la colère de Dieu » : une expression biblique à bien comprendre. Il ne s’agit pas d’y entendre que les foudres du ciel nous tomberont sur la tête, il s’agit du jour où Dieu renouvellera sa création toute entière. Jour où le mal, sous toutes ses formes, sera définitivement vaincu. Dans la Bible, la colère de Dieu est tournée contre le mal, contre ce qui abîme et détruit l’homme, mais non contre la personne humaine. Pour Sophonie, quand le mal aura été détruit, les hommes qui auront choisi le bien, qui auront accueilli Dieu, seront le peuple élu, capable de révéler au monde la grandeur et la bonté de Dieu. Comprenons bien ce texte. Il ne nous dit pas que le monde est coupé en deux avec d’un côté les bons, de l’autre les mauvais. Non ! Il nous dit qu’à l’intérieur de soi-même chacun de nous est divisé, que nous sommes à la fois bons et mauvais, arrogants et humbles, menteurs et chercheurs de vérité, imbus de ce que nous sommes et pauvres devant Dieu. Sophonie entend faire comprendre qu’en chaque homme, Dieu a du ménage à faire et que chacun de nous a une conversion à vivre… Convertir notre cœur et notre regard, c’est ce à quoi Jésus nous appelle dans le texte que nous appelons les Béatitudes. Il nous invite à nous émerveiller, à voir la présence de son Royaume là où on ne l’attend pas. Il souhaite, il désire même que chacun accède au bonheur. Dans les paroles de l’Evangile que nous venons d’écouter, la première béatitude nous trouble souvent et nous interroge : « Heureux les pauvres »… Dans notre situation, nous sommes toujours le riche de quelqu’un et le pauvre de quelqu’un d’autre. Jésus ne veut pas la pauvreté pour nous, au sens de la misère. Le miséreux n’est pas un homme heureux et Jésus veut le bonheur de l’homme. Mais Jésus souhaite que nous soyons suffisamment pauvres pour écouter la parole de Dieu, pour entendre les autres qui s’adressent à nous. La richesse, c’est alors tout ce qui m’encombre, - tout ce qui m’empêche d’accueillir Dieu et d’être accueillant aux autres. Être pauvre au sens biblique du terme, ce serait pour nous, de reconnaître notre faiblesse, de compter, non pas uniquement sur nos propres capacités, sur nos propres ressources humaines, mais de compter sur Dieu. La pauvreté est ainsi une attitude spirituelle et Jésus est le seul pauvre, car lui seul a su se remettre entièrement entre les mains de Dieu. Pour l’évangéliste, puisque nous croyons en Jésus mort et ressuscité, nous avons maintenant à chercher comment vivre dans cette foi, dans cette confiance. Dimanche dernier, nous avons entendu que, depuis la venue de Jésus au milieu des hommes, depuis la Résurrection qui l’a fait Christ, nous sommes entrés dans le temps de Dieu. La question pour nous est maintenant de savoir comment y vivre. Notre regard sur l’histoire nous fait prendre conscience que l’Eglise n’a pas toujours vécu les béatitudes, que les croyants n’ont pas toujours vécu les béatitudes, et en ayant un regard lucide sur nous-mêmes, nous nous apercevons que nous ne vivons pas toujours dans l’esprit des béatitudes. Loin de faire un procès aux autres, au temps passé, l’Esprit du Ressuscité, présent dans ce texte, nous invite à nous débarraser des scories peu édifiantes de notre histoire, afin d’accueillir le don de Dieu, qui nous permettra de partager ce bonheur de vivre et d’aimer, que Jésus cherche à nous communiquer et que nous sommes appelés à communiquer à d’autres.