4° dimanche de Carême 2015

4° DIMANCHE DE CARÊME – B – 2015 –

Le Livre des Chroniques ( Ch 36, v 14-16, 19-23 ) que nous venons d’entendre comme première lecture raconte l’histoire d’Israël. Il ne s’agit pas d’un livre d’histoire, mais de la relecture de l’histoire avec un regard de croyant, qui cherche à comprendre pourquoi cela est arrivé. C’est en quelques lignes que nous est résumée la déportation, l’exil à Babylone et le retour en Palestine. l’auteur essaie de répondre au pourquoi – pourquoi cela est-il arrivé, pourquoi cette catastrophe a-t-elle eu lieu ? 

L’exil à Babylone aurait pu être la fin du peuple d’Israël, la fin de sa foi en un Dieu unique. La libération accordée par Cyrus , le roi des Perses, la possibilité de revenir en Palestine est vécue comme un recommencement. On allait pouvoir revenir au pays et re-partir sur des bases nouvelles, fort de l’expérience acquise, en essayant d’éviter les erreurs du passé. 

A travers l’expérience douloureuse de l’exil, le peuple d’Israël découvre le visage d’un Dieu proche qui souhaite accompagner les hommes sur les chemins même tortueux de leur vie, leur donnant les éléments qui permettent de choisir le bien, ce qui construit et d’éviter le mal, ce qui détruit.

L’Evangile selon St Jean ( Ch 3, v 14-21 ) nous présente Jésus comme celui qui est le visage de ce Dieu là…comme la lumière de Dieu apportée aux hommes. S’il y est question de jugement, il ne s’agit pas de passer devant le tribunal de Dieu où nos actions seront pesées. Le jugement, c’est nous-mêmes qui le portons et c’est nos actes, nos oeuvres qui parlent pour nous. Nous ne serons pas jugés par Dieu comme on passe devant la correctionnelle ou les Assises. Ce sont nos attitudes qui seront notre juge, selon que nous accueillons ou refusons la lumière, que nous acceptons ou refusons d’entrer dans la proximité de Dieu.

Dans l’évangile de Jean, les ténèbres s’opposent à la lumière comme la nuit au jour. Les ténèbres symbolisent le mal ; les cœurs fermés , la partie ombre, destructrice, qui habite en chaque personne. La lumière y est le signe du bien, de nos attitudes ouvertes, de la partie claire de notre personne. 

En chacun de nous cohabitent les deux, qui seraient pour prendre une image, comme un jardin rempli de mauvaises herbes et de ronces d’un côté, de fleurs et de fruits de l’autre. Ces deux plates bandes font partie de notre condition humaine, nous sommes faits ainsi, nous sommes tout à la fois bons et mauvais. 

Par notre vie, par les choix que nous faisons, par les actes que nous posons, nous pouvons décider de faire grandir le côté de nous qui est bon et amoindrir celui qui l’est moins ou même franchement mauvais. 

La ” parole de Dieu ” , l’exemple de Jésus, la rencontre avec d’autres croyants sont là pour nous aider à développer le côté lumière de notre personne. 

Par expérience nous savons que cette démarche peut parfois être difficile, qu’il nous arrive d’échouer, qu’il nous arrive de faire le mauvais choix, qu’il nous arrive comme le dit l’évangile de nous dissimuler dans ” les ténèbres” . 

Par contre « Celui qui ‘’fait’’ la vérité vient à la lumière » : nous le faisons par notre réponse de femme, d’homme, à la Parole de Dieu, et ça passe par une multitude d’actes concrets. 

Venir à la lumière, ce n’est pas de l’instantané, c’est toute une histoire. Croire n’est pas seulement un cheminement intérieur ou une simple décision intellectuelle, c’est chacun de nos actes qui nous plonge dans les ténèbres ou nous ouvre à la lumière. 

Chacun de nos actes est appelé à dénoncer le mal, sous toutes ses formes, qui atteint notre prochain, qui le désespère, ou le brise . 

Si vraiment nos paroles et nos actes relèvent quelqu’un, le soutiennent dans sa difficulté, voire dans sa détresse, ils peuvent être reconnus comme étant dits ou faits ‘’en Dieu’’.

Cette démarche, ce choix de toujours revenir vers la lumière, nous pouvons le faire, quel que soit notre âge, quelles que soient les circonstances et cela tout au long de notre vie. Une telle attitude demande à chacun d’entre nous humilité et clairvoyance pour reconnaître ce qui existe en réalité. C’est à partir de ce que nous sommes, de la réalité acceptée, que nous pouvons entreprendre ce cheminement vers la lumière, vers Jésus le Christ et à son contact, porter des fruits de fraternité.

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