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Une réflexion à partir de l’Evangile de dimanche 28 septembre 202525

26° dimanche du temps ordinaire – Année C – Une réflexion à partir de  Luc, 16, 19-31
Le Dieu que Jésus est venu ‘’dévoiler’’, révéler, n’est pas un Dieu justicier et vengeur, il respecte notre liberté et nous demande d’en assumer les conséquences.
Ce récit édifiant, qui s’apparente à une parabole, est très dur puisqu’il affirme qu’on peut être séparé pour toujours de l’amour de Dieu et de nos frères et sœurs humains.
Pour le recevoir, gardons en mémoire qu’une parabole a un « cœur » où se situe la pointe et l’essentiel du message et un habillage qui lui sert de cadre, de support.
Dans ce texte, le pauvre a un nom : Lazare – dans la Bible, avoir un nom, c’est exister, connaître et employer le nom de quelqu’un c’est lui signifier qu’on l’aime et qu’on a part avec lui, qu’on a des choses en commun avec lui.
La parabole ne dit pas que le riche, sur terre, était un mauvais bougre, il est riche, tout simplement, il fait partie d’un monde, d’une classe sociale, et que son horizon est limité, il ne voit pas au-delà de son immédiat, le texte ne dit pas qu’il est égoïste, avare ; en fait il donne fête sur fête pour ceux qu’il connaît et puis même dans l’au-delà il a le soucis de ses propres frères, pour lui-même il ne demande rien, juste une petite goutte d’eau !
Il souhaite que ses frères ne subissent pas le même sort que lui, c’est presque une qualité : vouloir que ceux qu’on aime aient un meilleur sort.
Dans la parabole, qui fonctionne comme un avertissement, ce qui est reproché au riche, ce n’est pas d’avoir été riche ou d’avoir eu de grands biens, c’est de ne pas avoir su écouter la Parole de Dieu à travers celles de Moïse et des Prophètes, d’avoir eu un amour dont les limites étaient étroites, de n’avoir pas su regarder au-delà de ses propres préoccupations.
La pointe de la parabole est dans la phrase : ‘’ ils ont Moise et les prophètes, qu’ils les écoutent ‘’, ce qui est la particularité de ce riche, c’est de ne pas avoir écouté, c’est de ne pas avoir su accueillir et de ne pas avoir imprégné sa vie avec les écrits de Moïse et des Prophètes et surtout avec la parole de la prière matinale de tout juif, le : « écoute Israël : le Seigneur ton Dieu est l’Unique, tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même »
Quand Jésus raconte cette parabole, il s’adresse à des gens dont il voit le visage, quand Luc écrit il s’adresse à des chrétiens de son temps, membres des communautés qu’il connaît, lire l’Evangile lors d’une rencontre, le proclamer l’Evangile dans une assemblée, c’est rendre actuelle la Parole de Jésus-Christ….
Si la Parole est lue ou proclamée avec respect, c’est bien, mais cela n’est pas suffisant, car cette Parole n’est pas une pièce de musée qu’on se contenterait d’admirer, elle est vivante, elle est vie et donc censée nous ‘’toucher’’ et nous ‘’remuer’’
La parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare ‘’fonctionne‘’ comme une question, comme un appel : un appel à voir, non pas qui est riche et qui est pauvre, ou à essayer d’expliquer l’une ou l’autre situation ; c’est un appel à voir au-delà de nos préjugés et de nos préoccupations les plus légitimes.
– à voir les autres, à nous laisser interroger par leur vie…
– à mettre nos attitudes et nos choix sous le regard de Dieu,
– à laisser sa parole, l’Evangile, et aussi les écrits actuels de l’Eglise atteindre notre vie et la remuer.
En fin de compte, nous sommes appelés à nous demander :
« mon ‘’cœur’’, lieu de mûrissement, de réflexions et de décisions est-il ouvert aux autres et à Dieu ? » et à le vérifier avec d’autres chrétiens, à se laisser interpeller, bousculer par leurs convictions, leurs questions et leur témoignage.

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