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Une réflexion à partir de l’Evangile de la Veillée Pascale

Une réflexion en lien avec la Veillée Pascale et l’Evangile : Matthieu 28, 1-10
Comme chaque année nous célébrons la résurrection de Jésus et nous re-disons que nous croyons en Lui, que nous croyons ce que l’Evangile nous présente de son Mystère : c’est-à-dire, ce qui n’est accessible que par le fait de «  croire » et que nous n’arriverons jamais à ”enfermer” dans des raisonnements bien construits.
CROIRE revient à croire en la résurrection, à croire au Dieu qui ressuscite les morts ; on peut bien croire au Dieu créateur, à la Providence, à la force de la prière, à la valeur d’une bonne conduite de vie, mais sans le CROIRE en la résurrection, tout s’effrite – si la mort a le dernier mot, tout ce que nous vivons, y compris notre foi, est frappé de nullité.
Par contre, à la lumière de la résurrection de Jésus, tout prend un autre relief: l’histoire humaine, et notre histoire personnelle, jusque dans les plus petits détails, prend valeur d’éternité, tout est important, tout est sauvé et comme transfiguré, et s’est dit par le signe de la lumière, c’est pourquoi au début de la Veillée Pascale le nouveau cierge pascal est allumé, il est signe du Christ Ressuscité, lumière du monde, lumière pour tous les hommes.
Sur le cierge pascal il y a plusieurs signes :
l’alpha et l’omega : la première et la dernière lettre de l’alphabet grec : pour dire que Jésus est, par sa résurrection, le commencement et la fin, la clé de l’Histoire du Salut et de l’histoire humaine, son sens définitif.
Il y a l’année pour bien signifier que le mystère de Jésus mort et ressuscité un jour de l’histoire est d’une actualité permanente : il est au-delà du temps : c’était hier, c’est aujourd’hui, et ce sera demain ; il est ‘’celui qui est, qui était et qui vient’’ avec les créatures humaines de tous les temps.
Il y a aussi, et c’est important, la croix : pas un simple signe pieux, ici la croix proclame que le ressuscité c’est bien le même que le crucifié : la croix et la gloire – la gloire étant le rayonnement de vie et d’amour qui émane de Dieu et qui se répand par la vie, la mort et la résurrection du Christ, ce qui nous appelle à ”laisser passer” ce rayonnement par notre façon d’être, de vivre et de faire.
Les quatre Evangile nous permettent de faire le lien entre la vie de Jésus, la croix et la gloire : ce qui a été ‘’cause’’ de sa résurrection, ce qui a été au centre de sa vie et qui lui a donné tout son sens, c’est sa fidélité totale à Dieu son Père et son amour sans conditions et sans frontières pour les être humains, fidélité et amour qui l’ont conduit à la croix.
Les Evangiles sont la relecture de l’événement à la lumière des Ecrits des prophètes : le sens de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus nous y est donné : l’expérience pascale vécue par les disciples inaugure un temps nouveau dans lequel nous vivons, le mystère pascal est vécu aujourd’hui.
La résurrection n’est pas seulement pour à la fin des temps, elle est pour le temps présent : le ferment de résurrection pascale ne peut être ailleurs qu’au cœur de la pâte humaine ; pour le chrétien, pas question de se mettre à part du monde, hors du monde – c’est la conséquence du fait que l’Église est pour et dans le monde –
Notre responsabilité, notre mission, c’est d’y manifester Pâques en participant, chacun selon ses possibilités, là où nous sommes, avec ceux et celles avec qui nous sommes en relation, à ce qui se cherche, se fait pour que la vie sur notre société soit et reste vraiment humaine, fraternelle pour tous ceux qui l’habitent, c’est ainsi que nous passons déjà avec le Christ, de la mort : c’est-à-dire du repli sur notre seule vie, à la vie, qui est relation avec les autres et participation à ce qui contribue à la maintenance et à la progression du vivre humainement bénéfique pour nous et pour ceux et celles qui sont mêlés, de près ou de loin, à notre existence.

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