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Une réflexion à partir de l’Evangile du dimanche 15 février 2026

Une réflexion à partir de l’Evangile du dimanche 15 février 2026 – Matthieu 5, 17-37
L’évangéliste nous présente Jésus comme celui qui, loin de faire table rase du passé, s’appuie sur le passé, ici la Loi donnée par Moïse, et propose d’aller au-delà, de réajuster, de renouveler la façon de vivre en croyant.
En toile de fond de cette page d’Evangile, il y a tous les débats qui agitaient et traversaient certaines communautés chrétiennes dont les membres étaient pour une large part des juifs devenus chrétiens et aussi des gens n’ayant pas passé par le judaïsme.
Les premiers trouvaient qu’on allait trop vite et qu’il fallait renouer avec les préceptes de la Loi donnée par Moise pour éviter la désaffection de membres de la communauté, les autres trouvaient qu’on mettait trop de temps à se dégager des façons de faire héritées du judaïsme et que cette lenteur était cause de désaffection.
Dans ce débat, parfois vif et houleux, Matthieu fait intervenir la parole de Jésus : ‘’ Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens.. ; eh bien !mais moi je vous dis ‘’… Il a ainsi appelé ses disciples à dépasser la justice des scribes et des pharisiens – la justice au sens d’être comme Dieu le désire, de tendre à être ce que Dieu les appelle à devenir.
L’évangéliste a fait appel à des points précis de l’enseignement de Jésus qui en son temps avait déjà appelé ses disciples à passer des actes visibles et repérables qui pouvaient donc être sanctionnés au nom de la Loi donnée par Moise à ce qui se passe dans le ‘’cœur’’ de l’homme, le ‘’cœur’’ comme lieu où mûrissent les choix, où se prennent les décisions, où s’entretiennent les sentiments : amitié, indifférence, mépris, hostilité etc… ce qui, du moins dans un premier temps, n’est pas repérable, mais détermine pour une grande part notre façon de vivre, de nous comporter et donc d’entrer en relation avec nos semblables et ce n’est sûrement pas par hasard, si Jésus a abordé des domaines déterminants dans le vivre en relation: la colère, la violence verbale, les conflits entre les personnes, la sexualité qui marque la relation entre hommes et femmes ; la vérité, la sincérité qui conditionnent la qualité des relations humaines.
Dans ces domaines, la conversion que propose Jésus et l’évangéliste, c’est de passer d’une pratique qui concerne en premier ‘’ l’extérieur ‘’, les apparences, l’image que nous essayons de donner de nous-mêmes aux autres, à l’intériorité, au cœur, lieu où mûrissent nos pensées, nos désirs, nos paroles, nos intentions, nos choix et nos décisions.
C’est une conversion, une pratique qui ne s’arrête pas au respect de prescriptions afin d’être en règle avec Dieu, mais qui va jusqu’à laisser le ‘’regard‘’ de Dieu, atteindre tous les domaines de notre ‘’ être relié aux autres ‘’.
Ce genre de pratique, c’est autrement exigeant que de faire tel ou tel effort, c’est faire un travail permanent d’unification de notre vie, c’est chercher à établir un lien entre l’expression de notre foi, nos façons d’être envers autrui et notre accueil du Christ dans notre vie.
Cette pratique, pour prendre une comparaison, est un chemin ; on y avance, parfois on y dérape, ou on est bloqué, ou encore on prend des chemins de traverse, mais ce n’est pas un fauteuil dans lequel nous serions confortablement installé en regardant passer les autres . Cela concerne en premier notre vie personnelle et notre relation avec les membres de notre famille, avec des amis, des voisins et voisines et bien sûr aussi nos relations en association de fidèles, en mouvement, en groupe de chrétiens, et de même en assemblée de prière ou eucharistique, c’est-à-dire que ce nous prions et chantons est appelé à être repérable, visible, concret, opérationnel entre les membres des dites assemblées.
Par exemple, quand nous entendons ( ou disons en tant que prêtre ) des paroles d’une prière eucharistique telles que : « Rends-nous attentifs aux besoins de tous, afin que partageant leurs tristesses et leurs angoisses, leurs espérances et leur joies, nous leur annoncions la Bonne Nouvelle du salut et progressions avec eux sur le chemin de ton Royaume »
En nous approprions ces paroles, il est bon de vérifier notre sincérité, en nous demandant : est-ce que j’y crois, vraiment, de tout mon cœur ? est-ce que j’y adhère ? est-ce que j’en imprègne mes paroles et mes comportements en mes lieux de vie et de rencontre  ?

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