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Une réflexion en lien avec l’Evangile du 7 septembre 2025

Une réflexion à partir de l’Evangile du dimanche 7 septembre 2025 : Luc 14, 25-33 + 34 et 35
Quand Luc écrit, il ne fait pas un reportage relatant ce qui s’était passé du temps de Jésus, on est dans le temps de l’Église; ces grandes foules ce sont les hommes et femmes qui se sont mis à croire au Christ ressuscité et sont devenus membres du peuple de ses disciples.
Aujourd’hui, c’est vers chacun(e) de nous que Jésus se retourne : sa première exigence a de quoi nous surprendre, nous désorienter et même nous effarer : faire passer notre attachement à lui avant tous nos attachements et nos affections humains ? si nous replaçons cette exigence dans l’ensemble de son enseignement, on la comprend mieux.
Il s’agit de ne pas nous ‘’enfermer’’ dans nos affections humaines pour être à même de suivre le Christ tout en ‘’vivant en lui” nos attachements et affections humains.
Puis, nous sommes devant l’exigence de ‘’ porter sa croix pour marcher à sa suite ‘’ porter sa croix ! Dans l’histoire de l’Eglise, on a fait un mauvais usage de cette parole : le vrai chrétien apparaissait alors comme le chrétien qui se résigne, qui endure tout sans réagir, mais il faut aussi comprendre les gens qui vivaient dans cet esprit: ils ne voyaient pas trop comment combattre tout ce qui les faisait souffrir, alors ils se sont attachés à cette parole pour trouver un sens à ce qui leur arrivait : persécutions, épidémies, guerres etc…
Il y a à bien comprendre ce « porter sa croix pour suivre Jésus «  Nous constatons que les tracas, les difficultés, les épreuves de toutes sortes jalonnent notre vie, notre première tâche, c’est d’y faire face, de ne pas nous résigner, de trouver des solutions, de combattre ce qui nous atteint, nous savons aussi que dans cette lutte nous n’avons pas toujours le dessus ; mais est-ce une raison d’accuser Dieu et de cesser de suivre Jésus-Christ ? je crois que là est la vraie question. : le Christ nous appelle à marcher à sa suite, derrière Lui, avec le tout de notre vie, avec les événements heureux, les difficiles et les franchement douloureux et de ne pas les prendre comme prétexte pour nous éloigner de lui.
Les deux paraboles sont un appel à s’asseoir, à réfléchir avec l’histoire de la tour à bâtir et celle du roi qui part en guerre :
S’arrêter pour réfléchir ? Est-ce que je prends, plus ou moins régulièrement, du temps, personnellement, et, si possible, en équipe de chrétiens, pour m’arrêter, pour faire le point dans ma vie, à propos de ma façon de vivre et de faire; pour vérifier si mes choix et mes initiatives sont humainement valables et bénéfiques pour moi et pour ceux et celles qui font partie de ma vie, pour vérifier si c’est cohérent avec mon adhésion au Christ.
Il nous demande de ne pas vivre de façon superficielle et je crois qu’il faut d’abord l’appliquer à notre qualité de chrétien : le Christ ne nous demande pas de croire en lui sans réfléchir, comme ça dans un état d’esprit naïf et évaporé, nous n’avons pas à passer pour des demeurés, mais pour des croyants ayant les pieds sur terre et les yeux fixés sur le Christ pour ne pas nous tromper de chemin.
Toute spiritualité qui ne serait pas ”enracinée” dans le ”terreau” humain, serait déshumanisée et déshumanisante.
Il y a aussi l’exigence la plus renversante :. » si on ne renonce pas à tout ce qui nous appartient. on ne peut pas être disciples du Christ ! ?
Cette injonction est à croiser avec d’autres : par exemple : « vous ne pouvez pas servir deux maîtres à la fois, vous ne pouvez pas servir Dieu et Mamon » c’est-à-dire l’argent-idole ! L’argent est un moyen nécessaire pour vivre décemment, un emploi permet de gagner de l’argent pour mener une vie humaine digne de ce nom ; renoncer à ce qui nous appartient pour être disciple du Christ devient en notre temps : veiller à avoir un train de vie qui ne fasse pas injure à ceux et celles qui se débattent pour vivre décemment – veiller à bien mettre les biens et l’argent à leur vraie place : des moyens pour vivre et non des raisons de vivre, c’est un défi permanent à relever.
A la page d’Evangile de ce dimanche, j’ai ajouté la conclusion, ( 34 et 35 ) qui n’est pas prévue dans le lectionnaire dominical : l’image du sel qui nous appelle à être des croyants qui soient signe de la saveur de l’Evangile et non des croyants ”fades”, sans ”odeur” et sans ”saveur” ou ayant un goût de ‘’moisi’’ ou de ‘’rance’’ pour ceux et celles qui ont affaire à nous.

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