Une réflexion à partir de l’Evangile du dimanche 14 décembre 2025 – 3° dimanche de l’Avent – Année A – Mt 11, 2 à 11
Même si Matthieu a rédigé ce récit, avec des références aux écrit connus ( d’Isaïe, de Malachie, d’un psaume ) par les chrétiens de son époque, il est plausible que Jean le Baptiste a été troublé par ce qu’il entendait dire des œuvres de Jésus et a fait donc demander à ce dernier : « Es-tu celui qui doit venir, où devons-nous en attendre un autre » Lui, Jean, avait annoncé l’intervention de Dieu, du Messie attendu, comme une manifestation de puissance qui déboucherait sur un jugement immédiat et sans appel ( cf Mt. 3, 1 à 12 ) Jésus, par ses façons de faire, ne correspond pas à l’annonce de Jean le Baptiste : « il accueille avec bienveillance ceux qui viennent à lui, il mange avec les pécheurs et les publicains, il a une vie de prophète itinérant et manifeste sa puissance à travers un enseignement, des paroles de vie, des gestes de compassion – ce sont là les signes messianique qu’il accomplit, d’où sa réponse « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez…. » le sens de ce qu’il dit et fait étant donné par la citation des paroles du prophète Isaïe. Jésus, image parfaite de Dieu, a choisit l’humilité, l’amour qui lui a fait donner sa vie pour nous donner la vie.
Mais devant la réalité du monde, devant l’état de la société, devant les difficultés de vie de beaucoup de gens dans notre pays et dans tous les pays du monde, en nous le désarroi peut aussi naître, le doute s’insinuer, des questions peuvent aussi surgir, du genre : « Qu’est-ce que la venue de Jésus, Fils de Dieu, a vraiment changé dans l’histoire de l’humanité ? – Qu’est-ce que la proclamation de l’Evangile change actuellement dans le monde ? Qu’est-ce que l’existence de Eglise change – ou encore : Est-ce que l’Église actuelle, avec tout ce qui s’y passe, est la mieux placée pour proclamer l’Evangile de façon crédible ? Ne faudrait-il pas faire table rase du passé et en inventer une autre ?
De même, par moments, nous pouvons aussi être tenté par une espèce de ”durcissement” de notre pensée, de notre réflexion, même de notre façon de croire et de lire l’Evangile ou de baisser les bras, de nous démobiliser devant la complexité des réalités humaines, devant l’apparente inefficacité de l’annonce de l’Evangile et de nous réfugier dans une religiosité coupée du réel.
Aussi loin dans le temps que les écrits de la Bible nous permettent de remonter, Dieu se ”dit”, Dieu se révèle, dans l’épaisseur de l’histoire humaine, il s’est adressé aux hommes par les prophètes, et au temps fixé par Lui, par Jésus sa Parole Vivante.
Depuis la venue de Jésus, depuis sa mort et sa résurrection, l’Église, qui est née de l’annonce du Christ ressuscité par les apôtres, a mission d’annoncer, de proposer à tous, quel que soit leur façon de conduire leur existence, la Parole de Vie qui lui est confiée.
Dieu, le Dieu de Jésus-Christ, se dit encore et toujours dans l’histoire humaine telle qu’elle se déroule sous nos yeux et de laquelle nous sommes partie prenante.
Ce n’est que dans l’histoire du monde, de nos frères et sœurs et dans notre histoire personnelle, que nous pouvons discerner les signes de la venue de Jésus-Christ, de l’action de l’Esprit-Saint. Pour nous inscrire dans la réalité, il est important de se demander : « Qu’entendons-nous et que voyons-nous ?
Pour entendre, il nous faut bien écouter, et pour voir, il s’agit d’ouvrir les yeux et de bien regarder, : Ecouter et bien entendre ce que nos semblables nous disent de leur vie, du sens qu’il donne à ce qu’ils font pour vivre le mieux possible, pour affronter le quotidien et les incertitudes de l’avenir.
Ecouter ce qui se discute et se réfléchit au niveau de la société civile pour prendre en compte les réalités et les problèmes en vue de contribuer à les atténuer ; écouter ce qui se débat et se décide en Eglise pour proposer la foi en Jésus-Christ de façon pertinente et compréhensible.
Ouvrir les yeux et bien regarder, aller au-delà d’un regard général et superficiel, afin de voir ce qui se cherche, se réalise pour faire progresser la paix, le droit, la justice, la solidarité, la fraternité, le bien vivre sous toutes ses formes et dans tous les lieux de vie.
Rien de ce qui caractérise l’existence, rien de ce qui préoccupe nos semblables et nous-mêmes, n’est en dehors de l’histoire humaine où Dieu se ”dit” et se révèle.
Dieu interpelle de multiples façons à travers des médiations : hommes et femmes de bonne volonté, associations caritatives, Eglises. Il est beaucoup plus risqué de penser et d’affirmer qu’il pourrait aussi interpeller à travers des femmes et des hommes politiques ; sans rejeter à priori ce que nous entendons ces temps-ci lors de débats, il s’agit d’y discerner ce qui va dans le sens de plus de justice sociale, de l’équité, de la solidarité et de la fraternité, tout en ayant conscience qu’aucun programme politique n’accomplit l’Ecriture ; c’est tout aussi vrai en ce qui concerne les associations caritatives et les Eglises, mais ces dernières ont la vocation d’être, par leurs paroles et actes, à la suite de Celui duquel elles se réclament.
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