Une réflexion à partir de l’Evangile du 4 janvier 2026 – Mt, 2, 1-12
En gardant à l’esprit que ce récit est symbolique, c’est-à-dire que son sens englobe tout l’événement de la venue dans notre monde de Dieu, par Jésus-Christ, on pourrait imaginer que ces mages adressent des vœux, des souhaits à Jésus, ou pour lui, mais quand ils virent l’enfant avec Marie sa mère, ils ne disent rien, ils ne demandent rien, leurs questions ils les ont posées à Jérusalem, leurs motivations ils les ont exprimées là-bas ; devant Jésus, plus besoin ou pas besoin de paroles, leur acte d’adoration, l’offrande de leurs présents, sont paroles.
A partir de là, regardons le sens et la portée du geste humain d’offrir… offrir est un acte qui fait partie de notre humanité, et il serait bien dommage de l’abandonner par soucis de perfection dans la foi, il y a le plaisir d’offrir, de faire une surprise qui donnera du bonheur à l’autre…qui lui donnera de comprendre qu’il compte pour nous, qu’on l’aime, il y a ce qu’on offre dans un esprit d’entr’aide, de solidarité, ce qu’on donne pour dépanner quelqu’un….
La signification du geste d’offrir n’est pas liée à la valeur monétaire de l’objet offert, il est signe d’amitié, d’amour, de relation, de reconnaissance de l’existence d’autrui, de quoi est signe ce que nous offrons ?
Dans le récit de la visite des mages il y a de ça, c’est de l’ordre du signe : signe de l’universalité du don de Dieu : les mages représentent tous les peuples appelés à le reconnaître en Jésus-Christ
Signe de la reconnaissance de la royauté du Christ : l’or – de son sacerdoce : l’encens – et de son humanité, passé par la mort, il a été ensevelit : la myrrhe
En célébrant la fête de l’Epiphanie : manifestation de Dieu en Jésus homme, serviteur, Seigneur des morts et des vivants, nous faisons une démarche d’adoration et d’offrande.
Ce que nous avons à offrir : le pain et le vin pour l’Eucharistie : signe des fruits de la terre et du travail des hommes, qui par l’action de l’Esprit-Saint deviennent pour nous signe de la vie offerte du Christ pour la libération de toute l’humanité –
Par notre participation à cette Eucharistie, comme à toute Eucharistie, nous exprimons et nous renouvelons, notre désir, notre engagement à suivre le Christ tout au long de l’année qui s’ouvre devant nous, à nous laisser entraîner par Lui dans l’offrande qu’il fait de lui-même, au Père, par amour pour l’humanité, afin que nous puissions faire de notre vie une offrande qui réponde à son amour
Voilà, je crois, dans quel esprit nous sommes appelé à vivre au cours de l’année que nous venons d’entamer ; dans un esprit d’offrande, pas dans un esprit de sacrifice : je n’aime pas beaucoup cette expression, car elle a servit et sert toujours à faire taire ce_ux qui dénoncent les injustices de notre société, à demander des efforts à ceux et celles qui ne sont pas les mieux lotis ou encore à prêcher la résignation, je préfère donc l’esprit d’offrande : bien sûr , cela demande aussi de faire des choix, de trier, d’établir des priorités, de renoncer à telle ou telle chose pour en favoriser d’autres
Offrir, nous donne de la joie, de l’élan, offrir, nous ‘’ouvre’’ sur ‘’l’extérieur’’ de nous–mêmes….
Dans ce sens, en nous-mêmes, pensons à ce nous pouvons offrir, à ce que nous avons à offrir :
à Dieu, aux membres de notre famille, à nos amis, les uns aux autres, à ceux et celles que la vie nous fera croiser le chemin au cours de cette année ; le moins que nous puissions leur offrir, c’est notre bienveillance, notre compréhension, notre fraternité….
Bonne Année !
