Une réflexion à partir de l’Evangile du dimanche 12 avril 2026 : Jean, 20, 19-31
Tout en prenant en compte la difficulté de croire en la résurrection de Jésus, l’évangéliste expose ce que provoque l’irruption du ressuscité au milieu de ses disciples : la reconnaissance que c’est bien lui, la joie de le voir, la réception du don de l’Esprit-Saint en vue d’une mission à réaliser.
Le « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » nous donne aussi une indication quant aux destinataires de son Evangile, à savoir les croyants qui, quelques 60 ans après les événements, se réunissent au nom de Jésus-Christ – si leur foi en Lui est nourrie de leur expérience, de leur rencontre avec Lui, d’une réelle découverte de ce qu’il est, elle est toujours amenée à être mis en rapport avec le témoignage des disciples qui l’ont rencontré, après sa mort, le soir de ce premier jour de la semaine ; cela permet un discernement et nous évite d’imaginer un Jésus-Christ qui serait autre que tel qu’il s’est révélé à ceux qui l’ont suivi avant sa mort et sa résurrection.
Dans la conclusion de cette page d’Evangile, la signification de l’événement Jésus-Christ est donnée en faisant référence aux signes, mis par écrit, qui manifestent ‘’qui il est’’, permettent de croire en Lui et d’avoir la Vie en son nom.
Au moment de la rédaction finale de cet Evangile, l’Eglise a déjà tout un vécu à la suite du témoignage des disciples, et fondée sur leur histoire, celle qu’ils ont vécu avec Jésus, où s’articule entre eux leur appel par lui, ce qu’ils ont vu et entendu, sa passion, sa mort, leur rencontre avec lui ressuscité.
Nous nous inscrivons dans une histoire, celle de l’Eglise au sein de laquelle nous sommes devenus croyants; au départ ce n’est pas par choix que nous le sommes devenus: nos parents nous ont fait baptiser, puis nous avons vécu les différentes étapes de la vie chrétienne, nous avons vu et entendu d’autres chrétiens, ceux qui ont été des relais, des témoins, qui nous ont aidé à connaître le Christ en nous faisant comprendre l’Evangile, en nous accompagnant dans le temps de préparation à la première communion, à la profession de foi, à la confirmation, au mariage ou à l’ordination,
Nous ne nous sommes pas ‘’fait’’ chrétien tout seul, il y a eu et il y a toujours une interaction entre plusieurs éléments: pour faire simple et concret, je fais référence à ma propre expérience : si je suis chrétien, prêtre, c’est qu’il y a eu tout un long cheminement avec des interactions entre moi, le Christ et d’autres chrétiens, à certains moments, c’était plus entre moi et d’autres chrétiens, à d’autres moments c’était plus entre moi et le Christ, en tout cas pas un ‘’moi’’ tout seul comme à mon propre compte, mais un ‘’moi’’ partie prenante d’un ensemble, j’ai ainsi fais tout un chemin qui est loin d’être terminé, j’ai cheminé en prenant des engagements, en assumant des responsabilités, en faisant des choix et en continuant à en faire…
Chacun peut ainsi relire sa vie de croyant pour y discerner quand et comment, par quel cheminement, avec quelles étapes, il a été amené à croire en Jésus-Christ et à continuer de croire…
Si nous sommes de ceux et celles qui croient sans avoir vu Jésus, nous ne pouvons pas croire sans voir d’autres chrétiens qui croient comme et avec nous, , nous ne pouvons pas croire sans repérer dans notre vie les traces des venues du Christ dans notre existence; nous ne pouvons pas croire sans nous assembler avec d’autres pour célébrer le Christ mort et ressuscité, et sans nous laisser envoyer par lui vers nos semblables pour être, par nos initiatives, nos paroles et nos comportements des ‘’signes’’, aussi crédibles que possible, qui peuvent leur permettre de cheminer vers le croire en Lui, ou éventuellement de se poser des questions à propos du sens qu’ils donnent à leur vie…
Pourquoi chanter « Gloire à Dieu » ? Dans l’Ecriture, « gloire » traduit l’hébreu « kavod » : le poids, la densité, la totalité d’une présence. La gloire du Christ n’a rien à voir avec un éclat de façade : c’est la présence même de Dieu, solide, entière, offerte. Cette présence ne s’impose pas, elle se transmet. Et le chant des anges à Noël – « Gloire à Dieu au plus haut des cieux » – devient, dans la liturgie, la proclamation des croyants reconnaissant en Jésus la présence véritable de Dieu tel qu’il se révèle. – de Prions en Eglise –
