1er dimanche de carême – Année A – Une réflexion à partir de l’Evangile du 22 février 2026 –
– Matthieu, 4, 1-11
Dans le déroulement de notre vie, nous avons, entre autre, plus ou moins consciemment, la préoccupation ‘’d’exister aux yeux de nos semblables, d’avoir du ‘’poids’’, au figuré bien sûr, à leur yeux, – d’avoir une certaine influence auprès de ceux et celles avec qui nous sommes en relation – d’avoir, comme on dit ‘’voix au chapitre’’ … tout cela est bien humain et légitime….mais il peut aussi arriver que nous pensions, à tort ou à raison, ne pas assez compter, ne pas assez faire ‘’le poids’’…. ou ce sont des personnes que nous connaissons qui le pensent…c’est dans ces cas-là que naît la tentation : la tentation de tout ramener à soi, de désirer dominer, régenter, au nom de connaissances acquises ou de l’expérience, de mettre l’autre à son service… même de manipuler les autres… pour prouver que nous ne sommes pas rien….les tentations que nous pouvons ainsi avoir dans nos relations humaines – sommes-nous sûrs que nous en sommes complètement indemnes ? – nous pouvons aussi les avoir envers Dieu et de bien des manières…
Dans le livre de la Genèse, Première lecture du jour ( chapitre 2, v 7- 9, ch 3, 1-7a ) ) la parole du serpent illustre la tentation-type : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vous yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » c’est une parole qui distille la méfiance envers Dieu..
Si notre vocation, c’est bien d’être à son image, à sa ressemblance, c’est seulement dans un climat de confiance que nous le devenons, dans une relation confiante. Toute l’histoire du peuple d’Israël, avec les tentations au cours de leur marche dans le désert se jouera entre la méfiance et la confiance envers Dieu et de même notre histoire de croyants. L’Evangile s’inscrit dans l’événement Jésus et dans son histoire, le collectif Matthieu le présente comme celui qui accomplit parfaitement l’Ecriture, la Loi et les prophètes :
Jésus, à son baptême est rempli de l’Esprit-Saint, déclaré Fils bien-aimé, puis conduit au désert où, comme jadis le peuple d’Israël, il refait, symboliquement, la même expérience, il est confronté aux mêmes tentations.
Pour montrer comment Jésus les surmonte, l’évangéliste met dans sa bouche des versets du Livre du Deutéronome faisant écho à l’expérience du peuple d’Israël qui, après sa sortie d’Egypte, a traversé le désert, et où, par ses demandes et ses comportements, il a tenté Dieu, douté de sa présence et versé dans l’idolâtrie.
Comme croyants, nous sommes, plus ou moins fortement, confronté aux mêmes genres de tentations :
Tenter Dieu : en lui demandant parfois, même dans notre prière, de faire à notre place ce qui est de notre responsabilité : –
Douter de sa présence : penser ou dire « comment Dieu peut-il accepter tout ce qui se passe de mauvais dans le monde ? qu’il montre sa présence, qu’il intervienne ! » – et la formule classique que nous avons tous déjà entendu un jour ou l’autre : « si Dieu existait, tout ça, tout ce mal, n’arriverait pas »
L’idolâtrie : bien sûr, nous n’en sommes plus à nous prosterner devant un ruminant en or comme les hébreux du temps de Moïse, mais nous sommes amenés à faire des choix, à résister à de subtiles tentations : par exemple : assumer des responsabilités pour avoir du pouvoir, de l’importance ou dans un esprit de service du bien commun, du bien de telle ou telle catégorie de personnes, ou encore : en dehors du milieux professionnel, attendre diplômes et médailles en signe de reconnaissance pour services rendus durant des années ou estimer être largement récompensé en voyant ce que nous avons permis, même petitement, comme avancées à des personnes, des groupes, des associations.
A l’image de Jésus, pour résister à toutes ces tentations, nous avons la Parole de Dieu, qui sont des paroles de croyants inspirés par son Esprit : parole interprétées en notre temps par des réflexions d’Eglise qui sont souvent mal connues ou déformées par les moyens d’informations : y être attentifs, se les procurer, les lire et y réfléchir, si possible en groupe, peut aussi être un chemin de conversion durant ce temps de Carême
… à chacun de chercher encore d’autres réflexions à partir de cet Evangile…
